Les utilitaires rechargeables progressent en Europe, sans détrôner le diesel. Selon les statistiques publiées le 28 octobre 2026 par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), les immatriculations de fourgons rechargeables ont augmenté de 38,2 % dans l’Union européenne entre janvier et septembre. Leur part atteint 14,1 %, contre 10,2 % un an plus tôt. Dans le même temps, le diesel représente encore 78,1 % des immatriculations de fourgons neufs.
Cette photographie du marché européen mérite une lecture nuancée : les fourgons stagnent en volume, tandis que les camions et les autobus repartent à la hausse. Les véhicules rechargeables gagnent du terrain dans les trois catégories, mais à partir de bases très différentes.
Couverture : Ford E-Transit Custom exposé à l’IAA Transportation 2024, illustration d’archive. Crédit : MarcelX42 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Photo : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ford_E-Transit_Custom_IAA_Transportation_2024_(DSC02609).jpg . Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/ . Recadrage et conversion JPEG possibles pour la couverture.
Fourgons : 1,07 million d’unités, le diesel recule
De janvier à septembre 2026, 1 073 427 fourgons neufs ont été immatriculés dans l’UE, un volume globalement stable par rapport à la même période de 2025. Les grands marchés divergent : l’Espagne progresse de 6,9 %, alors que l’Allemagne recule de 4,1 %, l’Italie de 5,1 % et la France de 5,6 %.
Les immatriculations de fourgons diesel diminuent de 4,3 %, à 838 830 unités. Leur part passe de 81,7 % à 78,1 %. Les modèles rechargeables, catégorie qui regroupe les motorisations pouvant être branchées sur une source externe d’électricité, gagnent 38,2 % et représentent désormais 14,1 % des ventes. Les hybrides non rechargeables progressent de 35,6 %, mais restent limités à 3,4 % du marché. L’essence recule de 19,8 % et ne pèse plus que 3,7 %.
| Fourgons UE, janvier–septembre 2026 | Résultat |
|---|---|
| Immatriculations totales | 1 073 427 |
| Diesel | 838 830 ; 78,1 % du marché |
| Rechargeables | 14,1 % ; +38,2 % sur un an |
| Hybrides non rechargeables | 3,4 % ; +35,6 % |
| Essence | 3,7 % ; −19,8 % |
Camions : +7,5 % d’immatriculations, mais 91,7 % de diesel
Le marché européen des camions atteint 245 079 immatriculations sur neuf mois, en hausse de 7,5 %. Les poids lourds progressent de 8,5 % et les camions de tonnage intermédiaire de 2,5 %. La Pologne (+20,5 %) et l’Espagne (+13,2 %) se distinguent, tandis que la France recule de 1,6 %.
Malgré une progression de 49,8 % des camions rechargeables, ceux-ci ne représentent que 5,3 % des immatriculations. Le diesel reste majoritaire à 91,7 %. L’Allemagne, la France et les Pays-Bas concentrent à eux seuls 74 % des immatriculations européennes de camions rechargeables, signe d’une transition géographiquement très inégale.

Illustration d’archive : Mercedes-Benz eActros 600 L et borne de recharge, IAA Transportation, septembre 2026. Crédit : MarcelX42 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Photo : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Mercedes-Benz_eActros_600_L_IAA_Transportation_2026_(DSC7236).jpg . Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/
Autobus : l’électrification est plus avancée
Les autobus neufs totalisent 32 695 immatriculations, soit une hausse de 15,2 % sur un an. L’Italie (+34,4 %) mène la progression parmi les grands marchés, devant la France (+10,5 %) et l’Allemagne (+10,1 %). La Pologne enregistre une croissance de 68,6 %.
Les autobus rechargeables gagnent 37,6 % et représentent 26,4 % des nouvelles immatriculations, contre 22,1 % un an plus tôt. Le diesel conserve 58,4 % du marché et les hybrides non rechargeables 6,9 %. Les flottes urbaines évoluent donc plus rapidement que le transport routier lourd, même si la motorisation diesel reste majoritaire.

Illustration d’archive : autobus électrique Mercedes-Benz eCitaro exploité sur le réseau Cap Bus à Agde, août 2026. Crédit : Zz42 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Photo : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Mercedes-Benz_eCitaro_n%C2%B0269088_-_Cap_Bus.jpg . Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/
Ce que ces chiffres signifient pour la filière tunisienne
Ces données concernent exclusivement les immatriculations de véhicules neufs dans l’Union européenne. Elles ne permettent pas de déduire la part de marché de l’électrique en Tunisie ni d’annoncer l’arrivée de modèles ou de tarifs locaux.
Elles fournissent toutefois un indicateur utile aux équipementiers et sous-traitants tunisiens qui travaillent avec les constructeurs européens : la demande évolue progressivement vers des composants destinés aux chaînes de traction électrifiées, à la recharge et à l’électronique embarquée, tandis que les motorisations thermiques restent déterminantes pour les volumes actuels. Il s’agit d’un enjeu industriel potentiel, pas d’une prévision chiffrée d’exportations.
Pour les transporteurs tunisiens, le contraste rappelle qu’un véhicule rechargeable doit être évalué selon sa mission réelle : autonomie en charge, disponibilité des bornes, temps d’immobilisation, coût de l’énergie et entretien. Les résultats européens ne suffisent pas, à eux seuls, à établir sa rentabilité sur les routes tunisiennes.
Source statistique primaire : ACEA, « New commercial vehicle registrations: vans 0%, trucks +7.5%, buses +15.2% in Q1-Q3 2026 », 28 octobre 2026. https://www.acea.auto/cv-registrations/new-commercial-vehicle-registrations-vans-0-trucks-7-5-buses-15-2-in-q1-q3-2026/ . Les photos illustrent les catégories de véhicules et non les chiffres de l’ACEA.







