Le record a changé de mains à Bakou. En remportant le Grand Prix d’Azerbaïdjan le 26 septembre 2026, George Russell a offert à Mercedes sa 252e victoire en Formule 1 en tant que motoriste. Le constructeur allemand passe ainsi seul devant Ferrari, resté à 251 succès.
L’écart tient à une seule victoire et il s’est construit en moins de deux semaines. Le 13 septembre, Kimi Antonelli avait remporté le Grand Prix d’Espagne au Madring et permis à Mercedes de rejoindre Ferrari à 251 victoires. Treize jours plus tard, Russell a fait basculer le record en faveur de l’Étoile, en s’imposant à Bakou avec seulement 0,196 seconde d’avance sur Max Verstappen.
Un record de motoriste, pas un classement des écuries
La distinction est essentielle. Les 252 victoires de Mercedes ne correspondent pas aux seules victoires de l’écurie Mercedes-AMG. Le classement attribue un succès au fabricant du moteur ou de l’unité de puissance qui équipe la monoplace victorieuse, qu’il s’agisse de son équipe officielle ou d’une équipe cliente.
C’est ce qui explique la composition très différente des deux totaux. Formula 1 recensait le 17 septembre 251 victoires pour Ferrari : 250 obtenues par la Scuderia elle-même et une supplémentaire grâce au succès de Sebastian Vettel avec Toro Rosso-Ferrari à Monza en 2008. Du côté de Mercedes, l’histoire du record passe par les Flèches d’Argent, mais aussi par McLaren, Brawn GP et plusieurs décennies d’activité comme fournisseur de moteurs.
| Comparaison | Mercedes | Ferrari |
|---|---|---|
| Victoires comme motoriste au 26 septembre 2026 | 252 | 251 |
| Première victoire en championnat du monde F1 | France 1954 | Grande-Bretagne 1951 |
| Pilote de la première victoire | Juan Manuel Fangio | José Froilán González |
| Repère de domination | 19 victoires en 21 Grands Prix en 2016 pour l’écurie Mercedes | 15 victoires en 18 Grands Prix en 2004 pour Ferrari |
| Équipes motorisées en 2026 | Mercedes, McLaren, Williams, Alpine | Ferrari, Haas, Cadillac |
Ferrari : la force de la continuité
L’histoire de Ferrari en Formule 1 commence avec le championnat lui-même. La Scuderia participe à la première saison en 1950 et n’a depuis manqué aucune campagne. Sa première victoire arrive le 14 juillet 1951 à Silverstone, lorsque José Froilán González impose la Ferrari 375 face aux Alfa Romeo jusque-là dominantes.
Cette longévité a construit une partie du record. Ferrari traverse les générations techniques, des moteurs atmosphériques des années 1950 aux V12, V10 et V8, puis aux unités de puissance hybrides. Alain Prost offre à la marque sa 100e victoire en Formule 1 lors du Grand Prix de France 1990.
La période la plus écrasante intervient au tournant des années 2000. Ferrari remporte six titres constructeurs consécutifs de 1999 à 2004, tandis que Michael Schumacher enchaîne cinq titres pilotes de 2000 à 2004. La F2004 symbolise cette domination : Schumacher et Rubens Barrichello gagnent 15 des 18 Grands Prix de la saison 2004, dont 13 pour le seul Schumacher.
Un autre jalon du record moteur intervient en 2008. À Monza, Sebastian Vettel gagne sous la pluie avec Toro Rosso et un moteur Ferrari. Cette victoire est la seule des 251 comptabilisées par Formula 1 au 17 septembre 2026 qui n’a pas été obtenue par une monoplace de la Scuderia.
En juillet 2026, Charles Leclerc boucle une forme de cercle historique : sa victoire au Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone devient la 250e victoire de Ferrari comme écurie, sur le même circuit où González avait ouvert le compteur 75 ans plus tôt.
Mercedes : deux saisons historiques, puis une expansion comme motoriste
Le parcours de Mercedes est beaucoup moins continu. La marque arrive en championnat du monde en 1954 et frappe immédiatement : Juan Manuel Fangio gagne le Grand Prix de France à Reims devant son équipier Karl Kling. Sur les saisons 1954 et 1955, Mercedes dispute 12 épreuves du championnat du monde et en gagne neuf, avec deux titres pilotes pour Fangio.
Après une longue absence, Mercedes revient en Formule 1 en 1994 comme fournisseur de moteurs, d’abord avec Sauber. L’association avec McLaren débute en 1995 et devient l’un des piliers de la croissance du palmarès moteur, notamment avec les titres de Mika Häkkinen en 1998 et 1999.
En 2009, le moteur Mercedes propulse Brawn GP vers un doublé historique : Jenson Button devient champion du monde et l’écurie remporte le championnat constructeurs lors de son unique saison sous ce nom. Mercedes rachète ensuite l’équipe et revient officiellement comme constructeur en 2010.
Le changement de réglementation de 2014 transforme ensuite l’échelle du succès. La Formule 1 adopte les V6 turbo hybrides de 1,6 litre et Mercedes prend immédiatement l’avantage. L’écurie officielle gagne 16 des 19 Grands Prix de 2014. En 2016, elle pousse le record à 19 victoires sur 21 courses, soit 90,5 % des Grands Prix de la saison.
De 2014 à 2021, Mercedes remporte huit championnats constructeurs consécutifs. Sur la période 2014-2020, l’équipe réalise également sept doublés consécutifs titres pilotes-constructeurs. Cette concentration de succès dans l’ère hybride constitue la principale différence avec le record Ferrari, bâti sur plus de sept décennies de présence continue.
Les dates qui ont construit le duel
| Date | Événement | Importance |
|---|---|---|
| 14 juillet 1951 | José Froilán González gagne à Silverstone | Première victoire Ferrari en championnat du monde F1 |
| 4 juillet 1954 | Juan Manuel Fangio gagne à Reims | Mercedes s’impose dès son premier Grand Prix de championnat |
| 1990 | Alain Prost gagne le Grand Prix de France | 100e victoire Ferrari en F1 |
| 1994 | Mercedes revient comme motoriste avec Sauber | Début de la seconde ère Mercedes en F1 |
| 1995 | Début du partenariat McLaren-Mercedes | Le palmarès Mercedes s’étend durablement via une équipe cliente |
| 1999-2004 | Six titres constructeurs consécutifs pour Ferrari | Sommet de l’ère Schumacher-Ferrari |
| 14 septembre 2008 | Vettel gagne à Monza avec Toro Rosso-Ferrari | Seule victoire cliente dans le total moteur Ferrari recensé en septembre 2026 |
| 2009 | Brawn GP-Mercedes remporte les deux championnats | Un jalon majeur du palmarès Mercedes comme fournisseur |
| 2014 | Début de l’ère V6 turbo hybride | Mercedes gagne 16 des 19 Grands Prix avec son écurie officielle |
| 2016 | Mercedes gagne 19 courses sur 21 | Pic statistique de la domination de l’écurie dans l’ère hybride |
| 5 juillet 2026 | Leclerc gagne à Silverstone | 250e victoire de Ferrari comme écurie |
| 13 septembre 2026 | Antonelli gagne au Madring | Mercedes rejoint Ferrari à 251 victoires comme motoriste |
| 26 septembre 2026 | Russell gagne à Bakou | Mercedes prend seul la tête avec 252 victoires |
Le classement des motoristes après Bakou
Le duel Mercedes-Ferrari se détache nettement du reste du classement historique. Le classement publié par Formula 1 le 17 septembre plaçait les deux marques à égalité avec 251 succès. La victoire de Russell en Azerbaïdjan permet de mettre à jour la première place.
| Rang | Motoriste | Victoires |
|---|---|---|
| 1 | Mercedes | 252 |
| 2 | Ferrari | 251 |
| 3 | Ford Cosworth | 176 |
| 4 | Renault | 169 |
| 5 | Honda | 89 |
Le troisième, Ford Cosworth, reste loin derrière avec 176 victoires. Son DFV représente à lui seul 155 succès et a dominé une longue partie des années 1960 et 1970. Renault suit avec 169 victoires, devant Honda avec 89.
2026 ouvre un nouveau chapitre technique
Le passage de Mercedes devant Ferrari intervient au début d’une nouvelle réglementation moteur. Les unités de puissance 2026 conservent le V6 turbo de 1,6 litre mais abandonnent le MGU-H. La part électrique visée est portée à environ 50 % de la puissance, avec un MGU-K capable de délivrer 350 kW contre 120 kW auparavant. La Formule 1 impose également de nouveaux carburants durables avancés.
Cette nouvelle architecture a aussi redistribué le marché des motoristes. Mercedes équipe en 2026 son écurie officielle, McLaren, Williams et Alpine. Ferrari fournit sa propre équipe, Haas et Cadillac. Les deux constructeurs disposent donc de plusieurs possibilités de gagner un Grand Prix, même lorsque leur monoplace officielle n’est pas celle qui s’impose.
Le record reste toutefois extrêmement fragile. Avec 252 victoires contre 251, Mercedes ne possède qu’une unité d’avance. Un prochain succès d’une monoplace motorisée par Ferrari suffirait à rétablir l’égalité ; un deuxième lui rendrait seul la première place si Mercedes ne répond pas entre-temps.
Au-delà du chiffre, le duel oppose deux trajectoires très différentes. Ferrari représente la continuité absolue depuis 1950 et une histoire largement construite autour de son écurie d’usine. Mercedes a accumulé une partie considérable de son palmarès sur une période plus concentrée, en combinant succès de constructeur et rôle de fournisseur. À Bakou, ces deux histoires se sont croisées à nouveau, avec un avantage minimal pour Mercedes.
Sources principales : Formula 1, Mercedes-AMG PETRONAS F1 Team et Ferrari. Décompte des victoires motoristes mis à jour après le Grand Prix d’Azerbaïdjan du 26 septembre 2026.







