Un préavis de grève nationale vise le transport des carburants les 23 et 24 septembre 2026. Le mouvement reste évitable si les négociations aboutissent d’ici là : il ne signifie pas qu’une pénurie est déjà engagée.
Les automobilistes tunisiens ont une nouvelle échéance à surveiller. Un préavis de grève a été déposé dans le secteur du transport des carburants pour les mercredi 23 et jeudi 24 septembre 2026. Le mouvement doit concerner les travailleurs du transport des hydrocarbures à l’échelle nationale, mais son exécution n’est pas encore certaine : le délai retenu doit précisément laisser du temps aux négociations.
L’information a été confirmée le 27 août par l’agence TAP, qui rapporte que le département du secteur privé de l’Union générale tunisienne du travail a émis le préavis. La Presse de Tunisie et plusieurs médias locaux ont également relayé la décision et les explications de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques.
Pour l’automobiliste, la nuance est importante. Un préavis n’équivaut ni à une pénurie en cours, ni à une fermeture annoncée des stations-service. Il signifie qu’en l’absence d’accord avant les dates prévues, le transport routier des carburants pourrait être perturbé pendant deux jours.
Le conflit porte sur des revendications professionnelles et sociales anciennes. Selon les informations publiées par la presse tunisienne, les représentants des travailleurs évoquent notamment la couverture sociale auprès de la CNSS ainsi que l’application d’engagements conclus antérieurement. Le préavis a été adressé aux autorités et organisations concernées, parmi lesquelles plusieurs ministères, l’Utica et les représentants des entreprises du secteur.
Le calendrier choisi n’est pas anodin. Les responsables syndicaux ont volontairement fixé le mouvement près d’un mois après la décision afin de préserver une période de négociation. La Fédération a indiqué qu’elle restait ouverte au dialogue et qu’un accord obtenu avant le 23 septembre pourrait conduire à la levée du mot d’ordre.
Cette prudence est d’autant plus nécessaire que le transport des carburants a déjà connu un épisode de tension le 20 août. Un arrêt de travail de chauffeurs de camions-citernes avait alors perturbé l’approvisionnement de plusieurs stations avant une reprise des livraisons dans la soirée. Cet épisode montre qu’un blocage logistique peut devenir visible rapidement dans le réseau de distribution, sans pour autant permettre de prévoir aujourd’hui l’ampleur d’un éventuel mouvement en septembre.
La chaîne d’approvisionnement repose sur plusieurs maillons. Les produits pétroliers doivent être acheminés depuis les dépôts vers les stations-service par camion-citerne. Une interruption du transport peut donc ralentir les réapprovisionnements, mais son impact concret dépend de nombreux paramètres : niveau des stocks dans chaque station, durée réelle du mouvement, participation des entreprises et chauffeurs, organisation des livraisons avant la grève et éventuelles mesures de continuité.
À ce stade, aucune source vérifiée ne permet d’annoncer une pénurie nationale les 23 et 24 septembre. Présenter le préavis comme une pénurie certaine serait donc prématuré. De la même manière, rien ne justifie aujourd’hui une ruée vers les stations. Un comportement d’achat inhabituel peut lui-même créer localement des files d’attente et accélérer l’épuisement temporaire des stocks.
Pour les particuliers, la meilleure stratégie consiste à suivre les annonces officielles et l’évolution des négociations dans les jours précédant le 23 septembre. Les professionnels très dépendants du carburant — transporteurs, taxis, sociétés disposant de flottes ou activités nécessitant de nombreux déplacements — ont davantage intérêt à intégrer l’échéance dans leur planification, sans constituer de stocks de carburant dans des conditions non adaptées.
Il faut également distinguer le transport des carburants des autres activités du secteur pétrolier. Le préavis vise les activités de transport concernées ; il ne constitue pas, en lui-même, un arrêt annoncé du raffinage, des dépôts ou de l’ensemble des stations-service. L’effet éventuel sur le réseau dépendra donc de la manière dont le mouvement sera effectivement appliqué.
Le point déterminant sera l’issue des discussions sociales avant le 23 septembre. Une conciliation peut conduire à une annulation ou à un report, tandis qu’un maintien du mot d’ordre rendrait nécessaire une surveillance plus étroite de l’approvisionnement. Automoto.tn recommande donc de vérifier la situation à l’approche de l’échéance plutôt que de considérer dès maintenant la grève comme acquise.
Sources consultées : TAP, 27 août 2026 ; La Presse de Tunisie, 27 août 2026 ; Managers, 28 août 2026 ; Webdo, 26-27 août 2026. Informations vérifiées le 10 septembre 2026.