La police de la circulation tunisienne expérimente un dispositif de contrôle moins visible. Des agents en civil peuvent désormais constater et documenter certaines infractions routières, notamment lorsque l'arrêt immédiat d'un véhicule risquerait d'aggraver la congestion.
Le dispositif est déployé depuis la fin de la semaine dernière. Selon les explications données le 5 octobre 2026 par Sami Rchikou, responsable de la police de la circulation, les agents concernés peuvent photographier ou filmer une infraction. Le procès-verbal peut ensuite être établi sans interception systématique du conducteur.
Cette méthode vise surtout les comportements graves ou récurrents observés dans les zones et aux heures où les patrouilles en uniforme sont mobilisées pour fluidifier la circulation.
- Franchissement d'un feu rouge ou non-respect de la signalisation.
- Non-respect des priorités.
- Circulation en sens interdit ou sur des voies non autorisées.
- Infractions sur certaines voies réservées au métro.
- Défaut de port de la ceinture de sécurité.
Une patrouille peut comprendre plusieurs agents, dont un en civil chargé du constat. Lorsque la situation exige une intervention immédiate, le conducteur peut toujours être arrêté sur place.
Le recours à la photo ou à la vidéo a aussi une fonction de preuve. Le conducteur verbalisé conserve la possibilité de contester l'infraction et de consulter les éléments utilisés pour l'établir.
Ce système est présenté comme une étape transitoire avant une généralisation plus large de la surveillance automatisée. L'objectif annoncé est de maintenir le contrôle dans les secteurs où la présence visible d'agents ne suffit pas à dissuader certains comportements.
Le contexte reste préoccupant. Au 1er octobre 2026, les données de l'Observatoire national de la sécurité routière rapportées par la presse faisaient état de 3 616 accidents depuis le début de l'année, 1 029 décès et 4 692 blessés. Le nombre d'accidents et de blessés reculait par rapport à la même période de 2025, tandis que les décès progressaient.
Pour les automobilistes, le changement est surtout pratique : l'absence d'un agent en uniforme au bord de la chaussée ne signifie plus qu'une infraction ne sera pas constatée. Une photo ou une vidéo peut permettre une verbalisation ultérieure.
Sources : déclaration de la Direction générale de la police de la circulation relayée le 5 octobre 2026 par TAP, Directinfo, Tuniscope et Webdo. Données de sécurité routière : Observatoire national de la sécurité routière, reprises par Webdo.







