Un nouvel équipementier chinois étudie une implantation industrielle en Tunisie. Kunshan Chemitec Automotive Components Co., Ltd. a présenté le 14 septembre 2026 à l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII) les grandes lignes d’un projet d’unité de production consacré aux composants et à la protection des faisceaux électriques automobiles.
Le dossier reste à ce stade en phase de prospection. Il ne s’agit donc ni d’une usine définitivement décidée, ni d’un calendrier de démarrage confirmé. Les premières données communiquées permettent néanmoins de mesurer la taille envisagée : environ 3 millions d’euros d’investissement pour la première phase, une unité d’environ 4 000 m² et entre 30 et 50 emplois directs.
Image de couverture : illustration d’une ligne de fabrication de faisceaux automobiles ; elle ne représente pas la future unité tunisienne, qui reste au stade de projet.
Un spécialiste des faisceaux et de leur protection
Kunshan Chemitec intervient dans un domaine discret mais essentiel de l’automobile : les faisceaux électriques et les solutions qui permettent de les protéger. L’entreprise fabrique notamment des rubans adhésifs techniques, des gaines, des tubes tressés, des mousses et différents éléments destinés à protéger les câbles contre l’abrasion, les vibrations, la chaleur ou d’autres contraintes rencontrées dans un véhicule.
La documentation professionnelle d’electronica Shanghai présente Chemitec comme un fournisseur actif dans les câblages et composants pour l’électronique automobile et les véhicules à énergie nouvelle. Elle mentionne notamment des produits de protection des faisceaux, des produits d’étanchéité, des tubes tressés et des composants liés aux batteries.
Selon les informations communiquées lors de la rencontre avec l’APII, l’entreprise est présente dans six pays et travaille avec plusieurs acteurs internationaux de l’industrie automobile. La société a présenté ses activités et ses perspectives de développement à l’équipe de l’agence tunisienne.
Ce que prévoit le projet tunisien
| Élément | Projet présenté |
|---|---|
| Statut | Phase de prospection |
| Investissement initial | Environ 3 millions d’euros |
| Surface envisagée | Environ 4 000 m² |
| Emplois directs | 30 à 50 dans une première phase |
| Activité | Composants automobiles, faisceaux et protection de câbles |
Les effectifs pourraient ensuite progresser avec le développement de l’activité. Aucun gouvernorat, terrain précis, calendrier de construction ou date d’entrée en production n’a toutefois été annoncé dans les informations disponibles au 15 septembre.
Cette nuance est importante. Dans l’industrie, une prospection peut déboucher sur un investissement, mais elle peut également évoluer, être reportée ou ne pas aboutir. Les montants et emplois communiqués doivent donc être considérés comme des objectifs du projet étudié et non comme des réalisations acquises.
L’APII accompagne la phase d’étude
Lors de la réunion, l’APII a présenté à la délégation chinoise les procédures de création et d’implantation d’une entreprise en Tunisie ainsi que les mécanismes d’accompagnement, les avantages fiscaux et les incitations applicables. L’agence a également mis en avant son tableau de bord consacré aux secteurs automobile et aéronautique et son annuaire des entreprises industrielles.
Ces outils peuvent servir à identifier des fournisseurs, sous-traitants et partenaires déjà installés dans le pays. L’annuaire public de l’APII recensait 4 519 entreprises industrielles employant au moins dix personnes lors de sa mise à jour du 14 août 2026.
Pour Kunshan Chemitec, l’intérêt d’une implantation tunisienne serait cohérent avec une activité tournée vers les chaînes d’approvisionnement automobiles internationales. La Tunisie dispose déjà d’un tissu important dans les industries électriques, électroniques, mécaniques et métallurgiques, avec une forte orientation vers l’exportation.
Pourquoi les faisceaux restent stratégiques
Le faisceau électrique constitue le réseau qui transporte l’énergie et les signaux entre les nombreux organes d’un véhicule. Avec l’électrification, les aides à la conduite, les capteurs et la multiplication des calculateurs, la gestion et la protection de ces câbles restent un enjeu industriel majeur.
Les véhicules électriques ajoutent en particulier des circuits haute tension qui imposent des exigences spécifiques en matière d’isolation, de protection mécanique et de résistance à la température. L’activité annoncée par Chemitec s’inscrit donc dans une chaîne de valeur qui concerne aussi bien les véhicules thermiques que les modèles hybrides et électriques.
Le projet constitue surtout, pour l’instant, un nouveau signal d’intérêt pour la filière tunisienne des composants automobiles. Sa portée réelle dépendra de la décision finale d’investissement, du site retenu, des volumes de production et des contrats industriels qui pourraient accompagner l’implantation.
Sources consultées le 15 septembre 2026 : communiqué de l’APII repris par Webmanagercenter, La Presse de Tunisie et Webdo ; annuaire industriel de l’APII ; documentation exposant de Chemitec Automotive Components publiée par electronica Shanghai.







