La concurrence chinoise continue de modifier l’équilibre du secteur automobile mondial. Dans un entretien publié le 18 septembre 2026, José Muñoz, président-directeur général de Hyundai Motor, estime que la progression des marques chinoises en Europe montre à quelle vitesse un marché peut évoluer lorsque des constructeurs très compétitifs en prix gagnent du terrain.
Le dirigeant cite l’Europe pour illustrer son avertissement adressé au marché américain. Selon lui, les constructeurs chinois proposent dans plusieurs pays européens des véhicules sensiblement moins chers que ceux de groupes établis. Cette pression oblige les marques historiques à revoir coûts, localisation industrielle et rythme d’innovation.
Le constat doit toutefois être nuancé : il ne signifie pas que les marques chinoises dominent déjà l’ensemble du marché européen. Leur progression est rapide, mais les constructeurs européens, coréens, japonais et américains conservent une part majeure des immatriculations. L’enjeu porte surtout sur la vitesse à laquelle l’écart de compétitivité peut évoluer.

Pour Hyundai, cette concurrence arrive au moment où le groupe accélère lui-même son électrification. Sa feuille de route prévoit 5,55 millions de véhicules vendus dans le monde en 2030, dont 3,3 millions de modèles électrifiés. Le constructeur prépare notamment de nouveaux véhicules électriques adaptés aux différentes régions et renforce sa production locale.
La stratégie européenne est particulièrement importante. Hyundai y développe une gamme électrique spécifique, avec notamment l’IONIQ 3, tandis que les hybrides restent un pilier de son offre. Cette approche multitechnologie vise à répondre à des marchés dont les infrastructures, les réglementations et le rythme d’adoption de l’électrique restent très différents.
José Muñoz a également abordé la conduite automatisée. Hyundai estime avoir besoin de davantage de temps pour accumuler des données et valider ses systèmes avant de déployer une assistance plus avancée à grande échelle. Cette prudence rappelle qu’un calendrier technologique annoncé plusieurs années à l’avance peut évoluer lorsque les exigences de sécurité et de validation augmentent.
Pour les automobilistes tunisiens, cette bataille mondiale n’est pas abstraite. La multiplication des marques chinoises, coréennes et européennes électrifiées élargit progressivement l’offre disponible dans la région. À moyen terme, la concurrence sur les prix, les batteries, les logiciels embarqués et les garanties pourrait peser autant que la puissance ou l’autonomie dans le choix d’un véhicule.







