La société Tunisie Autoroutes a dressé, le 19 octobre 2026, un bilan de ses interventions sur les glissières de sécurité. Depuis le début de l’année, elle annonce 35 kilomètres de dispositifs entretenus et 40 kilomètres de nouveaux équipements installés, sur 370 sites de son réseau. Ces chiffres décrivent des opérations de maintenance et de pose : ils ne signifient pas que 75 kilomètres d’autoroute ont été construits ou élargis.
35 km entretenus, 40 km équipés
Selon le bilan relayé à partir du communiqué de l’exploitant, les équipes ont réparé des glissières endommagées, remplacé des éléments inutilisables et remis en état des supports. D’autres sections ont reçu de nouveaux dispositifs métalliques. La somme des longueurs concernées atteint 75 kilomètres, mais les 370 sites sont répartis sur le réseau : il ne s’agit pas d’un tronçon continu.
| Indicateur annoncé | Bilan depuis janvier 2026 |
|---|---|
| Glissières entretenues | 35 km |
| Nouveaux équipements installés | 40 km |
| Longueur totale des interventions | 75 km |
| Sites concernés | 370 |
| Référence technique annoncée | EN 1317 |
Le communiqué ne fournit pas de répartition détaillée par autoroute, échangeur ou kilomètre. Il ne précise pas non plus le coût des opérations, les dates de chaque chantier ou le nombre d’accidents évités. Il serait donc abusif d’en déduire une baisse mesurée du risque sur un axe particulier.

Pourquoi les comptent dans un accident ?
Placées sur les accotements, au bord d’un ouvrage ou dans le terre-plein central, les barrières de sécurité cherchent à retenir ou rediriger un véhicule qui quitte sa trajectoire. Elles peuvent limiter une sortie de chaussée, l’accès à un obstacle dangereux ou le franchissement de la séparation entre deux sens de circulation. Leur efficacité dépend toutefois de la nature du choc, de la vitesse, du type de véhicule, de l’état des ancrages et de la bonne installation de l’ensemble.
Une glissière tordue après un impact, un poteau arraché ou un raccordement dégradé ne présente pas nécessairement les performances du dispositif initial. L’entretien porte donc autant sur la continuité de la barrière que sur les éléments visibles. Les travaux annoncés visent à restaurer ces fonctions de retenue, sans garantir qu’un choc sera sans conséquences.
Illustration d’archive : autoroute A1 près de Hammamet, photographiée en 2010. Photo : Rais67 / domaine public, Wikimedia Commons. Cette image ne montre pas les interventions de 2026.
Que signifie la norme EN 1317 ?
Tunisie Autoroutes indique que les nouveaux équipements métalliques respectent la norme européenne EN 1317. Cette famille de normes sert à évaluer et classer les dispositifs de retenue routiers à partir d’essais et de critères tels que le niveau de retenue, la déformation latérale et la sévérité du choc pour les occupants. Elle ne correspond pas à une promesse de protection absolue.
Le bilan public ne détaille ni les classes de performance retenues sur chaque site, ni les rapports d’essais ou les certificats des équipements posés. La conformité annoncée doit donc être distinguée d’une vérification indépendante, site par site, de l’installation et de son entretien.
Illustration technique d’archive : barrière de sécurité sur une route de l’Oregon (États-Unis), 2023. Photo : Oregon Department of Transportation / CC BY 2.0, Wikimedia Commons. Cette photographie ne représente pas le réseau tunisien.
Ce que doivent retenir les automobilistes
- À l’approche d’un chantier, respecter la signalisation temporaire, les éventuelles limitations et les distances de sécurité.
- Ne pas s’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence pour observer une glissière endommagée ; en cas de danger immédiat, prévenir les services compétents depuis un emplacement sûr.
- Adapter sa vitesse à la visibilité et à l’adhérence : une barrière de retenue ne remplace ni une distance de freinage suffisante ni une conduite prudente.
Sur son site, Tunisie Autoroutes rappelle une limitation générale de 110 km/h sur autoroute et de 90 km/h sous la pluie, sous réserve de la signalisation locale applicable. Le conducteur doit toujours suivre la limitation affichée sur le tronçon emprunté.
Un bilan d’entretien, pas encore un bilan d’efficacité
La portée concrète des 75 kilomètres d’interventions dépendra de leur localisation, de la qualité des raccordements, du suivi des chocs et de la maintenance future. Pour mesurer un effet sur la sécurité, il faudrait rapprocher ces données des sorties de route, de leur gravité et du trafic sur les sites concernés. Ces indicateurs ne figurent pas dans les informations rendues publiques le 19 octobre.
Sources : Webdo, « 75 kilomètres de glissières de sécurité concernés par les travaux de Tunisie Autoroutes », 19 octobre 2026 (bilan communiqué par l’exploitant) ; site officiel de Tunisie Autoroutes, conseils de sécurité ; Asebal, présentation de la norme EN 1317. Images d’archives sous licences indiquées ; aucune photographie des chantiers de 2026 n’est présentée comme telle.







