La Tunisie cherche à renforcer ses liens avec Hyundai Mobis, l’un des grands équipementiers automobiles mondiaux. Une séance de travail s’est tenue le 15 septembre 2026 à Séoul entre l’ambassade de Tunisie en Corée du Sud et des responsables du groupe sud-coréen afin d’examiner des pistes de coopération industrielle.
Les échanges ont porté sur deux axes : identifier des possibilités d’approvisionnement auprès de fabricants tunisiens et étudier de futurs projets d’investissement direct. À ce stade, il ne s’agit donc ni d’une annonce d’usine ni d’un engagement financier signé. Les discussions sont encore exploratoires et doivent se poursuivre.
Cette nuance est importante. Le secteur automobile tunisien attire régulièrement des missions de prospection, mais une réunion institutionnelle ne garantit pas qu’un investissement aboutira. L’intérêt de la rencontre réside surtout dans le profil de Hyundai Mobis et dans la nature des coopérations évoquées.
Hyundai Mobis fournit des systèmes et composants pour l’électrification, le châssis, le freinage, l’électronique et les technologies de conduite assistée. Le groupe développe également des systèmes intégrés pour véhicules électriques, notamment des ensembles associant moteur électrique, onduleur et réducteur.

Début septembre 2026, l’équipementier a par exemple lancé la production en série de systèmes PE dans sa nouvelle usine de Nováky, en Slovaquie. Hyundai Mobis indique que ce site représente environ 106 000 m², dispose d’une capacité pouvant atteindre 280 000 systèmes par an et a nécessité un investissement d’environ 250 milliards de wons. Il s’agit de son premier site européen consacré à la production de systèmes PE.
Cette implantation illustre la stratégie industrielle du groupe : rapprocher la production de composants électriques des constructeurs et diversifier ses clients au-delà de Hyundai Motor et Kia. La Slovaquie concentre notamment des usines de Kia, Volkswagen, Stellantis et Volvo, ce qui en fait un point stratégique de la chaîne automobile européenne.
Pour la Tunisie, l’enjeu serait différent mais complémentaire. Le pays dispose déjà d’un écosystème de sous-traitance automobile tourné vers l’exportation, avec des activités dans le câblage, l’électronique, la mécatronique et différents composants. La Tunisian Automotive Association estime que la filière représente environ 4 % du PIB, 52 % des exportations industrielles et quelque 130 000 emplois.
Une coopération avec Hyundai Mobis pourrait donc prendre plusieurs formes. La piste la plus immédiate évoquée lors de la réunion concerne le sourcing : certains fabricants installés en Tunisie pourraient chercher à intégrer la chaîne d’approvisionnement de l’équipementier coréen. Une seconde étape, plus ambitieuse, serait un investissement industriel direct si les études identifient une activité compétitive à localiser dans le pays.
La proximité avec l’Union européenne constitue un argument pour les fournisseurs tunisiens, tout comme l’expérience du pays dans les productions automobiles exportatrices. Mais la compétition est forte. L’Europe centrale, le Maroc, la Turquie et plusieurs pays d’Europe du Sud-Est développent eux aussi leurs capacités dans les composants automobiles et l’électrification.
La rencontre du 15 septembre doit donc être lue comme l’ouverture d’un dialogue industriel, pas comme l’annonce d’une implantation. Les prochaines étapes seront plus significatives : identification de fournisseurs tunisiens, audits industriels éventuels, consultations techniques et, surtout, apparition ou non d’un projet précis avec localisation, montant d’investissement, capacité et calendrier.
Cette actualité intervient alors que la Tunisie cherche à mieux positionner sa filière sur les technologies liées au véhicule électrique et intelligent. La présence d’entreprises tunisiennes à l’IAA Transportation 2026 de Hannover s’inscrit dans la même logique : rendre l’écosystème local plus visible auprès des donneurs d’ordre internationaux et transformer cette visibilité en contrats industriels.
Pour l’instant, Hyundai Mobis et les représentants tunisiens ont convenu de poursuivre les consultations. Aucun modèle de véhicule, volume de production, site tunisien ou nombre d’emplois n’a été annoncé. Toute projection plus précise serait donc prématurée.







