La filière automobile tunisienne cherche à franchir un nouveau cap. Après avoir construit une base solide dans les composants et la sous-traitance industrielle, l’enjeu est désormais de développer davantage d’activités à forte valeur ajoutée : logiciels automobiles, systèmes embarqués, électronique, recherche et développement et électromobilité.
Cette orientation a été remise en avant le 19 septembre 2026, alors que la Tunisie participe à l’IAA Transportation de Hannover. Selon les données relayées par la Tunisian Automotive Association, le secteur comptait plus de 280 entreprises en 2025, employait plus de 120 000 personnes et générait environ 3,9 milliards d’euros d’exportations.
L’Europe reste au cœur de cette industrie exportatrice. L’Allemagne représente 37 % des exportations automobiles tunisiennes, devant la France à 21 %, la Roumanie à 12 % et l’Italie à 11 %.

Le défi n’est donc plus seulement d’augmenter les volumes de composants produits en Tunisie. Il s’agit aussi de gagner des positions dans les métiers qui prennent de l’importance avec l’électrification et le véhicule défini par logiciel.
L’un des projets structurants de cette stratégie est la Tunisian Automotive Smart City. Portée par le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie avec l’implication de la TAA et le soutien de GIZ Tunisie, cette future zone industrielle doit couvrir environ 200 hectares.
Le projet prévoit un environnement regroupant unités industrielles, laboratoires de recherche et développement, centres de formation et espaces consacrés aux nouvelles technologies. Les travaux de planification et d’analyse du site menés avec Drees & Sommer doivent notamment préparer un pôle capable d’accueillir des investissements à plus forte valeur ajoutée.
La TAA identifie quatre priorités : attirer de nouveaux investissements, mieux intégrer les chaînes de valeur industrielles, développer les technologies avancées et les logiciels automobiles, et améliorer la compétitivité globale du secteur.
Cette évolution intervient aussi dans un contexte plus favorable à l’électromobilité. Les mesures fiscales introduites en 2026 réduisent notamment la TVA à 7 % pour certaines catégories de véhicules électriques et hybrides rechargeables ainsi que pour certains équipements de recharge.
La présence tunisienne à l’IAA Transportation 2026 illustre cette volonté de repositionnement. Le pavillon « E-Mobility from Tunisia », organisé par la TAA et le Cluster Mécatronic Tunisie, met en avant des entreprises locales actives dans l’électromobilité, la mécatronique, la logistique et les technologies de transport.
La montée en gamme reste toutefois conditionnée par les compétences disponibles. Logiciel embarqué, électronique, systèmes intelligents et R&D demandent des profils plus spécialisés et une coopération plus étroite entre industriels, centres techniques, universités et organismes de formation.
Pour la Tunisie, l’objectif est clair : conserver son rôle de fournisseur compétitif de l’industrie européenne tout en captant une part plus importante de la valeur créée par les nouvelles technologies automobiles, avec un positionnement de plateforme entre l’Europe et l’Afrique.
Sources : Tunisian Automotive Association, 27 avril et 11 septembre 2026 ; La Presse de Tunisie, 19 septembre 2026 ; ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.







