Le Brent a de nouveau franchi le seuil des 100 dollars le baril mercredi 9 septembre 2026, dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient et de craintes sur les flux pétroliers. Reuters a relevé un Brent à 100,69 dollars en séance, après un pic intrajournalier à 100,95 dollars.
Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse le simple mouvement des marchés internationaux. Le budget 2026 a été construit sur une hypothèse de prix du pétrole de 63,3 dollars le baril. L’écart avec un Brent proche de 100 dollars est donc supérieur à 36 dollars, ce qui accroît mécaniquement la pression sur les importations d’énergie et sur les dépenses publiques de compensation si ce niveau se maintient.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Hypothèse de la LF 2026 | 63,3 $/baril |
| Brent le 9 septembre | environ 100 $/baril |
| Compensation énergétique prévue | 4,993 milliards DT |
| Budget total de l’État 2026 | 79,624 milliards DT |
Selon les estimations de l’Institut arabe des chefs d’entreprises relayées par Webmanagercenter, chaque dollar supplémentaire sur le prix moyen du pétrole pourrait augmenter les dépenses de compensation d’environ 164 millions de dinars sur une année. Dans un scénario où le Brent resterait en moyenne à 100 dollars, les dépenses de compensation énergétique pourraient atteindre environ 10,85 milliards de dinars, soit près de 5,86 milliards de dinars de plus que la programmation initiale.
Ces chiffres doivent toutefois être lus comme un scénario de sensibilité budgétaire, et non comme une dépense déjà acquise. L’impact réel dépendra du prix moyen du pétrole sur l’ensemble de l’année, du taux de change du dinar face au dollar, du niveau des importations, de la consommation intérieure et des éventuelles mesures d’ajustement décidées par l’État.
Le franchissement ponctuel des 100 dollars ne signifie pas non plus qu’une hausse immédiate des prix des carburants à la pompe a été décidée en Tunisie. À ce stade, aucune annonce officielle de révision des prix n’a été communiquée dans ce contexte précis. Le risque porte d’abord sur le coût supporté par les finances publiques et sur la capacité du mécanisme de compensation à absorber durablement un pétrole plus cher.
La situation internationale reste le principal facteur de volatilité. Les marchés intègrent notamment les risques pesant sur les infrastructures pétrolières et les routes maritimes du Moyen-Orient. Une détente rapide pourrait ramener le Brent à des niveaux plus proches des hypothèses budgétaires ; à l’inverse, une crise prolongée maintiendrait une pression forte sur les pays importateurs nets d’énergie.
Pour les automobilistes tunisiens, l’enjeu est donc double. À court terme, il concerne la stabilité des prix à la pompe. À moyen terme, une facture énergétique durablement plus élevée peut peser sur les finances publiques, les coûts de transport et, indirectement, sur les prix de nombreux biens et services dépendants de l’énergie.
La Tunisie avait déjà connu plusieurs épisodes de tension sur l’approvisionnement et sur le coût de l’énergie au cours de l’année. Le retour du Brent au-dessus de 100 dollars remet au premier plan la question de la dépendance énergétique du pays et de la soutenabilité du dispositif de compensation si les cours restent durablement élevés.







