Chery a choisi l’Omoda C4 comme premier véhicule destiné à être assemblé dans son usine de Rosslyn, près de Pretoria, en Afrique du Sud. Annoncée les 20 et 21 octobre 2026, cette décision marque une nouvelle étape dans l’implantation industrielle du constructeur chinois sur le continent. Le démarrage de la production locale est prévu au troisième trimestre 2027.
Le site de Rosslyn, auparavant exploité par Nissan, a été repris par Chery en 2026. L’usine a été officiellement inaugurée sous sa nouvelle bannière en juillet, mais la montée en cadence automobile doit encore être organisée. Il faut donc distinguer l’ouverture du site industriel de la fabrication effective des premiers C4.

Une commercialisation avant la fabrication locale
Selon les informations communiquées en Afrique du Sud, les premiers Omoda C4 doivent être commercialisés début 2027 sous forme de véhicules importés. La production sud-africaine suivrait à partir du troisième trimestre, avec la version hybride en première ligne. Les variantes essence et entièrement électrique sont également prévues, mais leurs dates d’arrivée respectives et leurs caractéristiques définitives n’ont pas encore été précisées pour ce marché.

La voiture a été présentée à l’international sous l’appellation Omoda 4, après une première présentation sous le nom C3. Son arrivée en Afrique du Sud sous le nom C4 ne doit pas être confondue avec l’Omoda C5, SUV déjà commercialisé dans plusieurs pays.
| Point clé | Information annoncée |
|---|---|
| Premier véhicule fabriqué à Rosslyn | Omoda C4 |
| Commercialisation initiale | Début 2027, en importation |
| Début de production locale visé | Troisième trimestre 2027 |
| Première motorisation locale annoncée | Hybride |
| Autres motorisations prévues | Essence et 100 % électrique |
| Volume envisagé au second semestre 2027 | 15 000 véhicules pour l’ensemble du site |
| Objectif industriel ultérieur | 50 000 véhicules par an |
Ces volumes concernent la montée en puissance du site industriel et non des commandes fermes de C4. Les 50 000 unités annuelles correspondent à un objectif à terme, pas à une capacité déjà atteinte.
Rosslyn : reconversion d’une ancienne usine Nissan
La reprise du site existant permet à Chery de disposer d’une base industrielle au lieu de construire immédiatement une usine entièrement nouvelle. Les préparatifs comprennent des adaptations des équipements, des infrastructures et des services industriels, ainsi qu’un programme de formation du personnel. Selon le quotidien sud-africain Mail & Guardian, 692 anciens salariés du site Nissan ont été conservés et une partie suit une formation.

Le constructeur veut aussi augmenter la part des pièces produites localement et développer un réseau de fournisseurs sud-africains. Cet engagement constitue une orientation industrielle ; le taux d’intégration locale, les investissements détaillés et les contrats de sous-traitance ne sont pas encore publiés.
Le groupe prévoit ensuite d’autres véhicules à Rosslyn, notamment des SUV de la famille Jetour T et un futur pick-up Chery. Le calendrier de chacun reste à confirmer. Cette diversification explique pourquoi les objectifs de production ne doivent pas être attribués au seul Omoda C4.
Pourquoi Chery renforce sa présence africaine
Face à une concurrence intense en Chine, plusieurs constructeurs accélèrent leur expansion internationale. Produire en Afrique du Sud peut rapprocher Chery de ses clients régionaux et faciliter, à terme, certaines exportations. Le groupe présente Rosslyn comme une future base africaine de fabrication, de développement et d’exportation. Aucun volume d’exportation par pays n’a cependant été confirmé dans cette annonce.
Le choix d’une fabrication locale a aussi un enjeu de coût et d’approvisionnement : l’assemblage de véhicules importés en pièces et le recours à des fournisseurs régionaux ne présentent pas la même valeur industrielle. La part réellement fabriquée sur place sera donc un indicateur important à suivre.
Quel intérêt pour les automobilistes et industriels tunisiens ?
La décision illustre l’accélération des investissements automobiles chinois en Afrique. Pour les équipementiers tunisiens, elle souligne l’importance de la compétitivité des fournisseurs, des compétences en électrification et de l’accès aux chaînes d’approvisionnement internationales. Elle ne constitue toutefois ni une commande annoncée pour une entreprise tunisienne ni une implantation de Chery supplémentaire en Tunisie.
Pour les acheteurs, aucune commercialisation tunisienne de l’Omoda C4, aucun prix en dinars et aucune date de livraison locale ne sont confirmés par cette annonce sud-africaine. Les caractéristiques et les garanties devront être vérifiées auprès des représentants officiels si le véhicule est ultérieurement proposé sur le marché.
Les prochaines étapes à surveiller seront la confirmation du calendrier industriel, les spécifications homologuées des trois motorisations, les premiers fournisseurs retenus et les livraisons de véhicules effectivement assemblés à Rosslyn.
Sources : Reuters, 21 octobre 2026, « China's Chery picks Omoda C4 as its first vehicle to be built in South Africa » ; TimesLIVE, 21 octobre 2026, « Omoda C4 to be first Chery Group model built in South Africa » ; Mail & Guardian, 20 octobre 2026, « Chery confirms the three models that will be produced in SA » ; Omoda & Jaecoo, communiqué sur l’inauguration de Rosslyn, 7 juillet 2026.
Photographie de couverture : Jigugo, Omoda 4, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. L’image a été retouchée par son auteur ; son recadrage est réalisé pour le format de couverture.







