La mobilité électrique ne dépend pas seulement du nombre de véhicules disponibles ou de bornes installées. Elle exige aussi des techniciens capables de mettre en place, configurer et maintenir ces équipements. À Mahdia, une première promotion de 14 jeunes, hommes et femmes, vient d’achever une formation spécialisée consacrée aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques.
La session s’inscrit dans le programme « Métiers d’avenir », soutenu notamment par l’Agence française de développement et la Fondation Orange Tunisie. Selon les informations communiquées à l’agence TAP par les responsables du programme et reprises le 9 septembre par plusieurs médias tunisiens, la formation a duré trois semaines.
Le cursus associait théorie et pratique. Il portait notamment sur l’installation des équipements de recharge et sur la programmation de systèmes électroniques liés à l’énergie. L’enjeu est concret : accompagner l’émergence d’un écosystème de mobilité électrique avec des compétences locales, plutôt que de limiter la transition à l’importation de véhicules et de matériel.
Le programme ne concerne pas uniquement Mahdia. Son objectif annoncé est de former 240 jeunes sur trois ans dans cinq gouvernorats. La spécialité liée à la recharge des véhicules électriques est proposée à Tunis, Sfax et Mahdia. Les formations organisées à Gafsa et à Medjez el-Bab, dans le gouvernorat de Béja, sont pour leur part orientées vers le photovoltaïque.
À ce stade, 139 participants ont déjà achevé les différentes formations du dispositif. Deux prochaines sessions doivent permettre à 101 autres jeunes de compléter le programme et d’atteindre l’objectif de 240 bénéficiaires annoncé par ses responsables.
La formation technique n’est qu’une partie du dispositif. Les diplômés qui souhaitent créer leur propre activité doivent également pouvoir bénéficier d’un accompagnement technique et financier. Cette dimension entrepreneuriale peut être importante dans un secteur où les besoins ne se limitent pas à la pose initiale d’une borne.
Une infrastructure de recharge doit en effet être dimensionnée selon l’installation électrique disponible, la puissance recherchée et les véhicules concernés. Elle doit ensuite être configurée, surveillée et entretenue. Avec le développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables, ces opérations créent progressivement de nouveaux besoins pour les électriciens, intégrateurs, mainteneurs et spécialistes de l’électronique de puissance.
Pour la Tunisie, la question des compétences devient d’autant plus importante que l’électrification du parc bénéficie désormais d’un cadre fiscal plus favorable. Le développement des véhicules électriques doit cependant avancer en parallèle avec celui des infrastructures et des services associés. Une borne inutilisable ou mal maintenue apporte peu de valeur, même si elle apparaît dans les statistiques d’équipement.
Le projet de Mahdia reste de taille modeste avec 14 diplômés pour cette première promotion. Il serait donc prématuré d’y voir, à lui seul, une réponse aux besoins futurs du pays. Son intérêt est ailleurs : il matérialise la création d’une filière de compétences directement liée à la recharge, avec une formation pratique et une possibilité d’accompagnement vers l’entrepreneuriat.
La prochaine étape sera de mesurer combien de participants trouvent effectivement un emploi, intègrent une entreprise du secteur ou créent une activité viable. Le nombre de personnes formées constitue un premier indicateur ; leur insertion professionnelle et les installations réellement déployées permettront davantage d’évaluer l’impact du programme.
Sources : informations communiquées à l’agence TAP et reprises par La Presse de Tunisie, Tuniscope, Directinfo et African Manager les 9 et 10 septembre 2026. Données du programme « Métiers d’avenir » attribuées à ses responsables.







