Les véhicules utilitaires légers poursuivent leur progression en Tunisie. Selon une analyse des immatriculations publiée le 16 octobre 2026 par African Manager, 13 716 utilitaires ont été enregistrés de janvier à septembre, soit une hausse de 12,2 % sur un an. Dans le même temps, le marché des véhicules neufs atteint 53 580 unités, toutes catégories confondues. Ces chiffres éclairent une partie moins visible du secteur que les SUV ou les citadines : celle des véhicules utilisés au quotidien par les entreprises, les artisans, les commerçants et les services de livraison.
Sur ce périmètre statistique, les utilitaires représentent environ 25,6 % des immatriculations neuves des neuf premiers mois. Autrement dit, près d’un véhicule neuf sur quatre répond à un usage professionnel ou de transport de marchandises. Cette proportion est calculée à partir des totaux publiés et ne signifie pas que chaque utilitaire est exclusivement utilisé par une entreprise.
Le marché progresse, les utilitaires suivent
La hausse de 12,2 % des utilitaires se rapproche de celle des voitures particulières, estimée à 13,6 %. Les premières totalisent 13 716 immatriculations, contre 39 864 pour les secondes. Le marché global avance de 13,2 % sur la période janvier-septembre 2026. Le mois de septembre atteint à lui seul 6 578 immatriculations toutes catégories, environ un quart de plus qu’en septembre 2025.
| Immatriculations neuves | Janvier–septembre 2026 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Voitures particulières | 39 864 | +13,6 % |
| Véhicules utilitaires légers | 13 716 | +12,2 % |
| Total des deux catégories | 53 580 | +13,2 % |
Ces données proviennent d’un retraitement publié par African Manager. D’autres compilations, notamment celle d’OTO News, avancent un total légèrement différent à fin septembre. Les comparaisons exigent donc de conserver la même source et le même périmètre, plutôt que d’additionner des chiffres issus de méthodes distinctes.
Isuzu et les pick-up : le poids du travail
La demande ne se résume pas aux fourgonnettes urbaines. Les pick-up occupent une place importante dans les usages agricoles, le bâtiment, la maintenance et les déplacements professionnels hors des centres urbains. Isuzu en est un indicateur : la marque arrive au quatrième rang du classement général à fin septembre, avec 3 095 véhicules immatriculés, particuliers et utilitaires confondus.
Pour mesurer précisément sa position sur les seuls utilitaires, les statistiques arrêtées à fin août sont plus parlantes. Selon les données de la Chambre nationale des concessionnaires relayées par La Presse, Isuzu comptait alors 2 846 utilitaires, soit 23,87 % du segment sur huit mois. Le D-Max, notamment dans ses déclinaisons professionnelles, constitue l’un des piliers historiques de cette présence. Le volume général de septembre ne doit pas être présenté comme un volume exclusivement utilitaire.
Citroën, Peugeot et Fiat : la bataille des fourgonnettes
La seconde grande famille est celle des fourgonnettes compactes, adaptées aux tournées, aux petits chantiers et aux livraisons en ville. Citroën occupe la troisième place du classement général des marques à fin septembre, avec 3 637 immatriculations toutes catégories. La marque s’appuie notamment sur le Berlingo Van, mais ce total comprend aussi ses voitures particulières.
À fin août, Citroën totalisait 2 322 utilitaires, soit 19,47 % du segment, devant Peugeot (1 715, soit 14,38 %) et Fiat (1 488, soit 12,48 %). Les trois marques disposent de fourgonnettes compactes qui répondent à des besoins voisins, mais leurs offres exactes, motorisations et disponibilités dépendent du catalogue tunisien. Il serait abusif d’attribuer tous les volumes de chaque marque à un modèle particulier.
| Marque | Utilitaires à fin août 2026 | Part du segment à cette date |
|---|---|---|
| Isuzu | 2 846 | 23,87 % |
| Citroën | 2 322 | 19,47 % |
| Peugeot | 1 715 | 14,38 % |
| Fiat | 1 488 | 12,48 % |
| Toyota | 618 | 5,18 % |
Ce second tableau porte sur janvier–août 2026 et non sur janvier–septembre. Il permet de comparer les marques sur le segment utilitaire sans mélanger les volumes de voitures particulières et d’utilitaires.
Pourquoi les entreprises choisissent-elles ces véhicules ?
Un utilitaire n’est pas seulement un prix d’achat. Son intérêt économique dépend de la charge transportable, du volume utile, du temps d’immobilisation, de la consommation, du coût de l’assurance et de la disponibilité des pièces. Une fourgonnette compacte est souvent plus simple à stationner et à charger dans une zone urbaine dense. Un pick-up peut être plus adapté aux équipements volumineux, aux terrains difficiles ou aux interventions hors route.
Le choix du véhicule doit aussi tenir compte du mode de financement. Achat comptant, crédit professionnel et leasing n’ont pas les mêmes conséquences sur la trésorerie ni sur le coût total d’utilisation. Une offre de location ou de financement attractive ne remplace pas une vérification de la garantie, du réseau de service après-vente et des délais de réparation.
Diesel, essence ou électrique : le calcul reste local
Le diesel reste présent dans les usages professionnels intensifs, mais les alternatives électriques commencent à se développer. Pour une flotte qui effectue des trajets urbains prévisibles et dispose d’une recharge au dépôt, un utilitaire électrique peut réduire certaines dépenses d’énergie et d’entretien. En revanche, l’autonomie réelle sous charge, le temps de recharge, le prix d’acquisition et la disponibilité d’une infrastructure adaptée peuvent limiter son intérêt.
En Tunisie, il faut donc comparer les coûts sur le trajet effectivement réalisé et non reprendre une autonomie annoncée à l’étranger. Les versions électriques présentées dans les salons internationaux ne sont pas automatiquement commercialisées ni homologuées localement. Aucun chiffre de pénétration des utilitaires électriques dans les 13 716 immatriculations n’est fourni par les sources exploitées ici.
Une hausse qui ne dit pas tout de l’activité économique
La progression des immatriculations peut traduire le renouvellement des flottes, une meilleure disponibilité des véhicules ou des besoins nouveaux dans la logistique et les services. Elle ne suffit pas, à elle seule, à démontrer une hausse équivalente du chiffre d’affaires des entreprises ou de l’emploi. Un rattrapage de commandes retardées peut également soutenir un trimestre.
Le suivi du quatrième trimestre devra notamment préciser si la hausse des utilitaires reste proche de celle des voitures particulières et comment évoluent les parts respectives des pick-up et des fourgonnettes. Les statistiques détaillées par modèle, par motorisation et par mode de financement seront nécessaires pour dépasser le simple classement des marques.
Pour les professionnels tunisiens, l’essentiel est déjà clair : le marché des utilitaires continue de croître, mais la meilleure décision d’achat reste celle qui correspond à la charge, aux kilomètres parcourus, à l’entretien disponible et au coût complet sur plusieurs années.
Sources : African Manager, « Hyundai, Kia, Toyota : les leaders tiennent, le terrain se dérobe », 16 octobre 2026 (totaux à fin septembre) ; La Presse de Tunisie, « Hyundai, Kia, Citroën… : le classement des marques automobiles à fin août », 20 septembre 2026 (classement des utilitaires) ; automobile.tn, « Statistiques des immatriculations – Année 2025 », 9 janvier 2026 (contexte historique des modèles utilitaires) ; OTO News, analyse du marché à fin septembre, 11 octobre 2026 (écarts de périmètre). Photographies d’illustration prises hors de Tunisie : elles ne documentent pas les immatriculations locales.
Crédit couverture : Alexander Migl, photographie d’un Citroën Berlingo III (2025), Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, recadrée. Crédits des photographies intégrées : Chanokchon, Isuzu D-Max (2023), CC BY-SA 4.0 ; Charles, Fiat Doblò Cargo (2025), CC0 1.0, via Wikimedia Commons.







