Présentée en 1968, la Peugeot 504 n’a pas seulement traversé plusieurs décennies : elle a changé de rôle selon les continents. Berline familiale en Europe, break à grande capacité, pick-up utilitaire et taxi sur les routes africaines, elle est devenue un exemple rare d’automobile conçue pour durer. Peugeot évoque environ 3,7 millions d’exemplaires mis en circulation jusqu’en 2006. Une carrière qui explique pourquoi son nom reste familier bien au-delà des collectionneurs.
La 504 ne doit pas sa réputation à une technologie spectaculaire. Elle a surtout combiné confort de suspension, simplicité d’entretien sur certaines versions et diversité de carrosseries. Son histoire est aussi celle de marchés où une voiture devait supporter les longues distances, la chaleur, les chaussées irrégulières et des usages professionnels intensifs.
1968 : une berline qui change de registre
La 504 arrive à la fin des années 1960 avec un style anguleux et des lignes immédiatement reconnaissables : capot plongeant, calandre encadrée de projecteurs et poupe caractéristique. Sa présentation intervient en 1968 ; elle remporte le titre européen de Voiture de l’année 1969, une distinction rappelée dans l’histoire officielle de Peugeot. Sa vocation première est celle d’une berline routière familiale, plutôt que d’un véhicule tout-terrain.
La gamme se diversifie ensuite. Aux berlines s’ajoutent des breaks et Familiale capables d’emmener davantage de passagers, puis des pick-up adaptés au travail. Coupés et cabriolets offrent une interprétation plus élégante, dessinée par Pininfarina. Toutes ces versions portent le même numéro, mais ne partagent pas exactement la même carrosserie ni les mêmes usages.

Peugeot 504 Coupé de deuxième série.
Pourquoi la 504 a trouvé sa place en Afrique
Sur de nombreuses routes africaines, la valeur d’un véhicule se mesure aussi à sa capacité à être réparé et maintenu en service. La 504 s’y est imposée dans des emplois très variés, du transport familial aux taxis collectifs. Les versions break et Familiale ont particulièrement marqué les esprits grâce à leur habitacle long et à leur aptitude à transporter personnes et bagages. Les pick-up ont, eux, répondu à des besoins de livraison et d’activité rurale.
Il faut toutefois éviter le raccourci qui ferait de toutes les 504 des voitures indestructibles. Leur état dépend aujourd’hui de l’entretien, de la corrosion, de la qualité des réparations et de la disponibilité des pièces. Une 504 entretenue peut encore rouler, mais son âge impose des vérifications sérieuses, notamment sur les freins, les durites, la direction, les pneumatiques et la structure.

Peugeot 504 Familiale utilisée comme taxi à Marrakech, photographiée le 21 janvier 2008. Photo : Maarten Wasmoeth / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Archive marocaine, non tunisienne.
Des pistes africaines jusqu’aux victoires en rallye
La robustesse revendiquée par Peugeot a aussi été mise en avant en compétition. En 1975, la 504 s’illustre au Safari Rally, au Rallye du Maroc et au Bandama en Côte d’Ivoire. Ces épreuves d’endurance, courues sur des parcours très différents des spéciales asphaltées, ont contribué à la réputation de la marque sur le continent. Le palmarès des versions de rallye ne signifie pas qu’une berline de série possède les mêmes préparations mécaniques.
Cette dimension sportive est importante pour comprendre l’image du modèle : la 504 n’a pas seulement été une automobile pratique. Elle a également acquis un prestige lié aux épreuves de longue distance, bien avant que les SUV modernes ne dominent les catalogues.
Une famille de carrosseries, pas une seule 504
- Berline : quatre portes, pour les déplacements familiaux et routiers.
- Break et Familiale : davantage de place pour les passagers et les bagages.
- Pick-up : version utilitaire pour le transport de matériel.
- Coupé et cabriolet : déclinaisons plus exclusives associées à Pininfarina.
Les motorisations, transmissions et équipements ont évolué selon les années et les pays. Une annonce d’occasion doit donc être examinée à partir de la version précise et du numéro de châssis, et non d’une fiche technique générique de la 504. Les voitures photographiées dans cet article sont des exemplaires historiques, pas des véhicules actuellement proposés à la vente.
Quel intérêt pour les passionnés du Maghreb aujourd’hui ?
Pour un lecteur en Tunisie, la 504 raconte une époque où la berline, le break et l’utilitaire pouvaient partager une même identité de modèle. Elle illustre aussi la différence entre la longévité d’une conception et la sécurité d’une voiture actuelle. L’absence de nombreuses aides modernes à la conduite et les performances de protection des occupants ne doivent pas être minimisées au nom de la nostalgie.
Avant d’acheter un exemplaire de collection, mieux vaut privilégier un contrôle de corrosion sur les soubassements et points d’ancrage, examiner les documents d’immatriculation, identifier exactement le moteur et vérifier l’état du circuit de freinage. La disponibilité locale des pièces et la compétence d’un atelier habitué aux anciennes sont des critères aussi importants que l’aspect de la carrosserie.
Un succès mesuré sur plusieurs générations
La chronologie officielle de Peugeot retient une présentation en 1968, une consécration européenne en 1969 et environ 3,7 millions d’exemplaires jusqu’en 2006. Ce chiffre global couvre une carrière internationale et plusieurs carrosseries : il ne correspond ni aux seules berlines européennes ni à des ventes en Tunisie. C’est précisément cette diversité qui distingue la 504 d’un modèle simplement populaire pendant quelques années.
Plus d’un demi-siècle après ses débuts, la 504 reste un témoin de l’automobile pensée pour voyager, travailler et être réparée. Sa place dans la mémoire routière africaine tient à cette polyvalence, sans qu’il soit nécessaire de lui prêter une fiabilité absolue ou des qualités de sécurité qu’elle ne pouvait offrir à son époque.
Sources : Peugeot, histoire officielle de la marque (peugeot.fr) ; Stellantis Media, « 50 Jahre Peugeot 504 », 2018 ; Stellantis Media, « 1969: 504 è la prima Peugeot ... Auto dell’Anno », 2019. Photographies d’archives sous licences Creative Commons, crédits détaillés en légende.







