La Chine veut faire passer la conduite autonome du stade des expérimentations à celui du déploiement à grande échelle. Dans sa nouvelle feuille de route 2026-2030 pour les véhicules à énergie nouvelle intelligents et connectés, le ministère chinois de l’Industrie fixe plusieurs objectifs qui pourraient peser sur l’ensemble du secteur automobile mondial.
Le document prévoit qu’à l’horizon 2030, les véhicules dotés de capacités de conduite automatisée soient déployés à grande échelle. Les usages doivent progressivement couvrir les autoroutes, les voies rapides urbaines et certaines routes en ville. Cela ne signifie pas que toutes les voitures chinoises pourront circuler seules partout : les fonctions autorisées continueront de dépendre du niveau d’automatisation, du véhicule, de la réglementation et du domaine dans lequel le système est homologué.
La feuille de route ne se limite pas à l’autonomie. Elle fixe également un objectif de 70 % de véhicules à énergie nouvelle parmi les ventes de voitures particulières neuves en Chine en 2030. Pour les véhicules commerciaux, la cible atteint 40 %. Dans la classification chinoise, cette famille regroupe notamment les modèles 100 % électriques, hybrides rechargeables et à pile à combustible.
Cette accélération technologique doit s’accompagner d’un durcissement de l’encadrement. Pékin prévoit notamment de renforcer les règles relatives à la production automobile, à la sécurité routière, aux fonctions de conduite automatisée et aux mises à jour logicielles. Les autorités veulent également améliorer la supervision de la qualité des produits et explorer des procédures d’approbation spécifiques pour certains composants ou véhicules produits en faibles volumes.
Le plan comporte aussi un volet industriel important. Après plusieurs années de croissance très rapide du secteur électrique, les autorités veulent mieux surveiller les capacités de production des véhicules et des batteries, limiter le surinvestissement et favoriser les restructurations lorsque les capacités deviennent inefficaces. Le renforcement des règles de concurrence et la limitation de certaines incitations locales font également partie de la stratégie.

Le contexte permet de mesurer le chemin déjà parcouru. Des constructeurs chinois développent désormais des véhicules conçus pour des usages de niveau 4. XPENG a par exemple lancé en mai 2026 la production de son Robotaxi basé sur la plateforme GX. Le véhicule utilise quatre puces Turing annoncées à 3 000 TOPS et une architecture de perception reposant sur la vision, sans LiDAR ni cartes haute définition. Le constructeur vise des opérations pilotes au second semestre 2026 puis, sous réserve des autorisations nécessaires, des opérations sans agent de sécurité à bord à partir de 2027.
Pour les constructeurs européens, japonais ou coréens, cette feuille de route chinoise est importante au-delà du seul marché local. Pékin veut également renforcer la présence internationale de ses marques, développer le poids de la Chine dans les normes automobiles mondiales et encourager les coopérations avec des entreprises étrangères dans la recherche, les composants et les investissements.
Pour les automobilistes, la distinction entre aide à la conduite et autonomie restera essentielle. Une fonction avancée de niveau 2 exige toujours une surveillance permanente du conducteur. Le niveau 4 peut prendre en charge la conduite sans intervention humaine, mais uniquement dans les conditions et zones pour lesquelles le système a été conçu et autorisé. Le calendrier chinois pour 2030 doit donc être compris comme un objectif industriel et réglementaire de déploiement massif, pas comme la disparition généralisée du conducteur.
Sources : ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information, Reuters et XPENG. Informations vérifiées au 16 septembre 2026.







