Les voitures électriques bénéficient aujourd’hui en Tunisie d’un régime fiscal sensiblement plus favorable que celui appliqué aux véhicules thermiques. Dans une communication récente consacrée à la mobilité électrique, l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) a rappelé plusieurs mesures déjà en vigueur destinées à réduire le coût d’acquisition et d’usage de ces véhicules.
La mesure la plus visible concerne les droits de douane à l’importation, ramenés de 30 % à 0 % pour les voitures à motorisation 100 % électrique. La TVA applicable à ces véhicules est également réduite de 19 % à 7 %. Ces deux dispositions diminuent directement la charge fiscale intégrée au prix d’un véhicule électrique importé.
| Mesure | Régime applicable aux véhicules électriques |
|---|---|
| Droits de douane | 0 % |
| TVA | 7 % |
| Droits d’immatriculation | Réduction de 50 % |
| Taxe de circulation annuelle | Réduction de 50 % |
Le dispositif ne se limite pas à l’importation. Les droits d’immatriculation sont réduits de moitié, tout comme la taxe de circulation annuelle. Ces avantages visent à agir à la fois sur le prix d’achat et sur une partie des coûts administratifs supportés pendant la détention du véhicule.
L’ANME rappelle également que la méthode de calcul de la puissance fiscale des voitures électriques a été revue. L’ancien mode de calcul, proche de celui appliqué aux motorisations thermiques, pouvait conduire certains modèles électriques à être classés dans des catégories fiscales élevées. Le nouveau système tient davantage compte des caractéristiques propres à la propulsion électrique.
Selon les indications communiquées par l’agence, les voitures électriques se retrouvent désormais dans des catégories fiscales qui débutent autour de 2 à 3 chevaux fiscaux et peuvent atteindre 7 chevaux fiscaux pour certains modèles plus puissants. Cette classification a notamment un impact sur plusieurs frais liés à l’immatriculation et à l’utilisation du véhicule.
La politique d’incitation accompagne une progression rapide du parc. D’après les données communiquées à la TAP par la Tunisian Automotive Association en juin 2026, plus de 1 100 véhicules électriques avaient été vendus en Tunisie durant les quatre premiers mois de l’année, contre moins de 600 unités sur l’ensemble de 2025.
La fiscalité n’est toutefois qu’un élément du développement de la mobilité électrique. L’extension du réseau de recharge, la disponibilité des modèles, le prix des batteries et l’accès à la recharge à domicile ou sur le lieu de travail restent déterminants pour l’adoption à plus grande échelle.
L’ANME travaille depuis plusieurs années avec les ministères concernés, la STEG, la Douane tunisienne et l’Agence technique des transports terrestres sur le développement de la mobilité électrique. Le programme national prévoit notamment le déploiement de l’infrastructure de recharge, l’adaptation du cadre réglementaire et fiscal et l’intégration progressive de véhicules électriques dans les flottes publiques et privées.
Pour un acheteur en Tunisie, ces avantages ne signifient pas nécessairement qu’un véhicule électrique sera systématiquement moins cher qu’un modèle thermique équivalent. Le prix final dépend toujours du modèle, de sa valeur à l’importation, de son équipement et de la politique commerciale du distributeur. Les réductions fiscales créent néanmoins un écart significatif par rapport au régime de droit commun et constituent l’un des principaux leviers utilisés pour accélérer l’électrification du parc automobile.







